Noëlle sur les traces de ses ancêtres
Mardi 17 janvier 2012Vous êtes nombreux sur Hellotipi à avoir mené d’importantes recherches généalogiques. Parmi vous, Noëlle, qui a accepté de nous en dire plus sur ses recherches.
Noëlle, intriguée par les histoires racontées par son père concernant son arrière-grand-père, ainsi que les récits de sa maman à propos de sa tante directe, a débuté sa généalogie par l’achat d’un logiciel, en y inscrivant tout ce qu’elle savait. Un cousin éloigné avait écrit un petit livre contenant beaucoup d’informations sur la famille. Ses parents lui ont également transmis de nombreux papiers et photos. Noëlle approfondit tout cela sur Internet dans les archives. Elle a rencontré sur Internet des personnes (généalogiste à la retraite, personnel de mairie, bénévoles d’association, internautes cousins lointains de différentes branches) qui l’ont aidée et lui ont adressé des mails.
Noëlle nous a confié passer un temps variable sur sa généalogie. Soit elle passe des jours entiers sur son ordinateur, soit elle laisse tout cela de côté pendant une ou plusieurs semaines. Noëlle possède deux sites sur Hellotipi pour la famille de son mari et un site regroupant ses amies de longue date. Elle compte à l’heure actuelle 1600 personnes pour ses deux sites de famille, ainsi qu’un livre de 155 pages pour sa belle-famille.
Originaire de Bagnères de Bigorre, elle a découvert que ses ancêtres paternels étaient à Bordeaux mais également Paris, Niort en passant par Cayenne et l’Italie. Ses ancêtres maternels sont passés par la Belgique, l’Alsace, Bordeaux. Elle a également de la famille Arménienne de Turquie.
Son arrière grand père, Alfred, est né en 1859 à Nice de père béarnais et de mère piémontaise. « Son père lui confie des missions commerciales (1879 à 1881) en Sardaigne dans son exploitation forestière de chênes et châtaigniers. Il expédiait des traverses de chemin de fer. Ayant eu une entorse, on lui avait bricolé un appareil avec un arrosoir pour faire couler de l’eau sur la cheville quand il souffrait trop à cheval.
En 1881 Alfred affrète un voilier pour les Etats Unis de Colombie où commençaient les travaux du canal de Panama. Il assiste à l’incendie de Colon, où il se bat avec d’autres européens contre les pillards. Un bijoutier a voulu que son protecteur choisisse un bijou, mais Alfred n’a accepté que des restes de montres fondues que j’ai dans une boîte. Le 1er août 1886 il signe un engagement de 3 ans au service du gouvernement français au Congo. Il participe aux aventures de DOLISIE (ami de lycée) et de BRAZZA … Ils y plantent le pavillon français et bâtissent les premières maisons d’un poste qui allait devenir Bangui.
Il faut imaginer ce que la persévérance de quelques hommes a pu apporter à la France. Ces hommes ne comptaient ni le temps, ni les risques dans ces pays sauvages, par un climat insupportable, se frayant un chemin dans la brousse, chassant pour se nourrir, surveiller les porteurs, se faire respecter par les tribus, sans oublier les fauves et les insectes divers!
Il rentre en 1890 et se marie à Bordeaux, mais ne résiste pas à l’appel de l’Amérique du Sud et à la fièvre de l’or en Guyane. Avec toutes les difficultés à vaincre, Alfred était souvent sur les chantiers et laissait sa jeune épouse seule. Il y avait la cuisinière qui s’enfermait dans sa cuisine sous prétexte que l’odeur des blancs faisait tourner les sauces. Les femmes de chambres étaient charmantes mais elle ont péri en 1902 lors de l’éruption du Mont Pelé. Dans la journée, il y avait deux hommes de peine, des anciens bagnards dont je jardinier qui avait été condamné pour assassinat. Mon arrière-Grand-Mère avait préféré rester seule avec un pistolet sous son oreiller, donné d’autorité par son mari. Mon grand-père nait à Cayenne. De retour à Paris, ils descendent plus tard à Bordeaux. »
Noëlle a également recueilli des informations au sujet de sa grand-tante, Anita, née en 1899.
« On dit d’elle qu’elle a appris à nager avant de marcher ! En 1935 elle signe un grand reportage qui critique la circulation de l’eau dans les bassins d’ostréiculture. Remarquée par l’Office scientifique et technique des pêches Maritimes (devenu l’IFREMER), elle est engagée. Elle a été mariée, mais pas longtemps ! Elle voyage sur des chalutiers. C’est la seule femme acceptée sur les bateaux (il a fallu voter un décret spécial) et la première femme océanographe. Elle voyage en Afrique pendant plus de 10 ans et découvre que la chair du requin est excellente si on la fume. Son foie est aussi riche que celui de la morue.
Elle vécut dans les tribus et a raconté beaucoup d’histoire et spécialement celle-ci : les tribus s’étaient réunies en grande pompe pour une sorte de fête. Tout allait bien et on annonça à Anita qu’on allait lui remettre un cadeau. Les sorciers firent apporter un grand sac dont on ôta la ficelle, puis avec beaucoup de précaution, l’un deux sorti un énorme python et le donna à ma tante. Bien obligée, elle tendit les bras, tout en sentant une sueur glacée de frousse dégouliner le long du dos.
Ne perdant pas un gramme de sa dignité, Anita fit un discours de remerciement et resta avec son python royal. Une belle bête parait-il, à laquelle elle s’habitua fort bien, et a qui elle donna le nom d’Eliodore Pythonet.
Eliodore vivait avec elle (mes parents l’on connu) mangeant des souris. Rentrant en France elle le mis dans un sac de voyage. Arrivée en France, dans le train Parie Nice, ayant besoin de bouger, Eliodore sortit du sac au grand effroi des voyageurs. Le train fut stoppé par une passagère ayant tiré sur l’alarme, et Anita paya une forte amende.
Anita a été négociant en vins, relieuse d’Art, journaliste, photographe, écrivain, océanographe… Pendant ses reportages (1939-1940) 3 des navires sur lesquels Anita était embarquée, sautèrent avec les démineurs. Mais à chaque fois elle eut le temps de se protéger, de sauver ses notes et pellicules. Elle étudie les poissons, trace les premières cartes de pêche… C’est une écologiste avant l’heure. Elle finit sa vie à Douarnenez. Une association a été créée « Cap sur Anita Conti » à Lorient. »
Malgré ces parcours, Noëlle n’a pas l’esprit d’aventure du tout. Elle n’aime pas voyager et aime avoir sa famille auprès d’elle. En revanche, elle est artiste à ses heures et aime la création.
Et vous de votre côté, comment menez-vous vos recherches généalogiques ? Jusqu’à quand êtes vous remontés ? Avez-des conseils ou des anecdotes à partager ?



J’étais venu passer un week-end chez mes grands-parents. En fouillant dans leur grenier je tombe sur de vieilles plaques photographiques en verre datant de ~1910.


