Femme et mère, quelle affaire !
Mercredi 7 avril 2010La sortie du dernier livre d’Elisabeth Badinter Le conflit, la femme et la mère, n’est pas passée inaperçue. 30 ans après L’amour en plus, dans lequel elle défendait la thèse alors peu consensuelle qu’il n’y a pas d’instinct maternel, elle dénonce avec force la montée du naturalisme et son modèle de mère parfaite dédiée corps et âme à l’enfant. Un essai intéressant, facile à lire, et qui fait du grabuge !

Selon Elisabeth Badinter, le modèle vanté par les naturalistes, d’une mère parfaite qui devrait « tout à son enfant, son lait, son temps et son énergie », est en progression. En cantonnant les femmes à leur rôle de mère, il représente un vrai danger pour la parité.
Son essai fait le lien entre la montée de cette idéologie et la chute continue de natalité dans les pays développés : Qui dit « mère parfaite » dit mauvaise mère et coupable de l’être. Devant le poids et la portée des diktats naturalistes, au coeur duquel Elizabeth Badinter place l’allaitement maternel, nombre de femmes hésiteraient… Et choisiraient de se réaliser autrement que dans la maternité.
Les françaises au contraire seraient peu sensibles (« pour l’heure » nous dit E. Badinter), aux sirènes de la mère parfaite. Contrairement à nos voisines européennes, nous allaitons moins et moins longtemps, reprenons le travail plus rapidement, et en plus grande proportion à temps complet. Et nous faisons plus d’enfant ! Bien que semé d’embûches notamment matérielles (mode de garde, épanouissement professionnel, tâches ménagères), le « conflit » de la maternité n’est pas (encore ?) insoluble pour les françaises.
Que l’on soit d’accord ou non avec les thèses d’Elisabeth Badinter – notamment sur l’allaitement qui divise nettement les lectrices – Le conflit, la femme et la mère a le mérite de déculpabiliser les femmes, mères ou non, en rendant justice à leur liberté de choix : avoir des enfants ou non, travailler ou pas, allaiter ou biberonner…
Et vous, vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Le conflit, Elisabeth Badinter

